Journée Appellation "Agneau de Sisteron"

Ce vendredi 28 novembre 2003, nous sommes 33 Agros à nous retrouver à l’Abattoir de Sisteron, à l’invitation de Patrice ROUCOLLE (T92). Nous sommes accueillis par le Directeur, Monsieur Jacques PELLIER et par Madame Delphine REYNAUD, Responsable Qualité. Monsieur PELLIER fait l’historique de cet Abattoir ovin municipal, construit en 1984 et modernisé en 1999. La chaîne d’abattage, certifiée ISO 9001 version 2000, traite environ 500 000 agneaux sur deux périodes :

Les Abattoirs sont gérés par une société par actifs, la SEAS (Société d’Exploitation de l’Abattoir de Sisteron). Les coopératives agricoles et les chambres d’agriculture détiennent minorité de blocage (33 % des parts). 67 % reviennent aux chevillards (collecte et commercialisation en gros) dont 3 regroupent l’essentiel de l’activité. La SEAS assure la sélection des animaux, l’abattage et la traçabilité. Elle emploie 56 personnes. La chaîne d’abattage tourne avec un effectif compris entre 24 et 33 agents. Sa cadence dépend de l’effectif, la quantité d’animaux conditionnant la durée de travail. Le financement de l’Abattoir est assuré par une taxe locale d’abattage de 30 €/tonne. La provenance des agneaux varie suivant les saisons : en période de pointe les animaux sont essentiellement originaires de la région PACA. Les principaux débouchés de l’abattoir sont les régions PACA, Languedoc Roussillon et Rhône Alpes. Monsieur PEILLET nous guide ensuite le long de la chaîne d’abattage. Après le contrôle vétérinaire, les animaux sont insensibilisés par électrocution et saignés. Chaque début de lot est identifié par une étiquette, et chaque animal est identifié individuellement grâce à son immatriculation afin d’assurer une traçabilité individuelle de l’éleveur au consommateur. Les Agneaux sont dépecés le long d’une chaîne "en hamac". Les éléments indésirables sont évacués soit vers le réfrigérateur à haut risque (tête des animaux de plus de 6 mois, moelle épinière des animaux de plus de 12 mois…), soit vers le réfrigérateur à bas risque. Ces déchets seront transformés en farines et incinérés. Les têtes, les fressures et les carcasses sont examinées par un préposé au service sanitaire relevant des Services Vétérinaires. Les carcasses sont envoyées en chambre froide où leur température est abaissée à 7°C. Les pieds et les tripes sont nettoyés puis échaudés. Après l’abattage, l’ensemble de la chaîne est désinfectée Des contrôles micro biologiques sont réalisés sur toutes les surfaces.

Après cette visite très intéressante, Patrice ROUCOLLE nous présente l’IGP (Indication Géographique Protégée) "Agneau de Sisteron". Il évoque les enjeux de l’agneau en PACA (première région consommatrice de viande ovine, 10 kg/an/habitant pour une moyenne nationale de 5, et deuxième région productrice en France avec 650 000 têtes). Afin de valoriser un élevage séculaire de qualité, d’autoriser et de protéger l’appellation "Agneau de Sisteron", l’OREAM (Organisation Régionale de l’Élevage Alpes Méditerranée) a chargé Patrice d’élaborer un dossier pour obtenir l’IGP. Ce dossier a été validé par la France et devrait, sauf opposition d’un État membre être reconnu par l’Union-Européenne. Ainsi, dès le 1er décembre 2003, "l’Agneau de Sisteron" pourra être commercialisé. C’est un travail remarquable de 2 ans et nous présentons nos félicitations à Patrice. Le cahier des charges de l’IGP a été calé sur celui du Label Rouge "Agneau César" auquel il doit se substitué. Il est particulièrement contraignant, notamment en terme de lieu de naissance (PACA et Sud de la Drôme), de race (mérinos d’Arles, Préalpes du Sud, Mourérous), d’alimentation (fourrages et aliments certifiés), de conduite du troupeau (transhumance, traitements sanitaires, chargement), d’abattage, de qualité de l’agneau (70 à 150 jours, 13 à 19 kg,conformation) et de traçabilité. Ce cahier des charges est remis à jour tous les 5 ans suivant les exigences des consommateurs. Actuellement 50 % des agneaux pouvant prétendre au Label Rouge sont retenues soit 25 000 agneaux par an Ils sont commercialisés de décembre à août. Après un excellent repas, comportant bien sûr de l’Agneau de Sisteron, Patrice illustre son propos du matin par la visite d’un élevage répondant aux critères de l’IGP. Nous sommes reçus au GAEC du Roc de Glorite, par l’exploitant, Madame Marie-José LAURENS qui nous explique comment elle et son époux conduisent cet élevage de 500 têtes entre la bergerie en hiver et le parcours gardé en été. Elle évoque également sa vision de la situation de l’élevage ovin sur la région. Nous pouvons mesurer ainsi à quel point l’IGP pourrait redynamiser cette filière et contrer la diminution du nombre d’éleveurs. Nous prenons remercions nos hôtes et Patrice ROUCOLLE pour cette journée découverte particulièrement bien organisée.

Rédaction :
Philippe ROBERT PG97-ENGREF 99-2001