Visite de la Société du Canal de Provence et d’Aménagement de la Région Provençale
À l’instigation de notre Président, Jean-Marc PHILIP (PG 93), nous sommes accueillis, ce 16 janvier 2004, au Tholonet, par Michel JEAN (EP 59, ENGR 64), Directeur Général de la Société du Canal de Provence et d’Aménagement de la Région Provençale (SCP). Michel JEAN commence la présentation de la SCP par un bref historique de l’eau en Provence. La Région Provençale est en fait caractérisée par une répartition très inéquitable de la ressource en eau géographiquement (ressources en altitude, carence sur le littoral) et temporellement (sécheresse estivale, précipitations violentes au printemps et à l’automne). Vers 1900, l’essentiel des eaux facilement utilisables de la Durance est détourné pour des usages domestiques et industriels. En 1923, une"Charte du Verdon" impose la régularisation des eaux sur la Durance préalablement à la création d’ouvrages importants sur le Verdon. À partir de 1955, l’aménagement de la Durance par EDF a permis d’envisager l’utilisation des eaux du Verdon pour sécuriser l’alimentation en eau de Marseille, augmenter la ressource disponible sur les Bouches-du-Rhône et le littoral varois. Ces aménagement nécessitaient la présence d’un organisme fort sur les Bouches-du-Rhône et le Var, d’où la création, en 1957, de la SCP. Actuellement l’aménagement du Verdon permet le stockage de 1 milliards de m3, 250 Mm3 étant réservés à la SCP.
Il s’agit d’une société anonyme de droit privé avec des actionnaires publics majoritaires. La Ville de Marseille, les Conseils Généraux des Bouches-du-Rhône et du Var et le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte-d’Azur se partagent 73 % des parts. Les Conseils Généraux des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et du Vaucluse en rassemblent 9 %, le Crédit Agricole 10,7 %, les Chambres Départementales de Commerce et d’Industrie 5,3 % et les Chambres d’Agriculture 2 %. Quoique non actionnaire, l’État joue un rôle important en termes d’orientation, de contrôle et, à l’origine, de financement. La SCP possède, jusqu’en 2038, une concession nationale et départementale (Vaucluse) en terme d’hydraulique non urbaine, de rachat des droits d’eau et de développement rural. Elle a également une activité de bureau d’études également présente à l’international. Son chiffre d’affaire s’élève à 380 M€ (70 % lié à la vente d’eau). La SCP emploi environ 400 personnes (25 % de cadres) et gère environ 120 km de canaux, 150 km de galeries, 5 000 km de canalisations, 80 stations de pompage. Il s’agit d’un investissement de 1 milliard € (valeur actualisée de 2 milliards €). Il permet l’irrigation de 83 000 ha, et dessert 120 communes et 800 industriels. Le réseau de la SCP est géré depuis le Tholonet par un dispositif automatique de télégestion. Il traite 10 000 informations par minutes et recadre ses prévisions et le fonctionnement des équipements toutes les 15 minutes.
La gestion actuelle de la SCP est fondée sur 5 principes :
Ainsi, la SCP a réalisé une régulation dynamique du réseau, des études de fiabilité et une astreinte. La tarification est étudiée selon le coût marginal à long terme. Tous les investissements demandés sont étudiés avec une analyse de valeur afin de déterminer dans quelles conditions ils peuvent être acceptables pour la société. Les résultats de cette politique de gestion sont très satisfaisant :
L’activité régionale de la SCP augmente lentement mais régulièrement (2 %/an depuis 1981).
Suite à cet exposé et aux questions de l’auditoire, nous visitons le barrage du Bimont situé à proximité. Les discussions suscitées se poursuivent au cours d’un repas tardif auquel des camarades travaillant à la SCP nous font l’amitié de participer (Lionel REIG, Michel LAURENT, Isabelle LE GOFF, Françoise BOUROLET). Nous remercions nos hôtes et les félicitons, ainsi que Jean-Marc PHILIP pour la qualité remarquable de cette journée.
Rédaction :
Philippe ROBERT PG97-ENGREF 99-2001