Compte rendu de la rencontre avec le SDIS des Bouches du Rhône

 

 

Ce samedi 13 mars 2004, nous sommes une soixantaine d’Agros de tous horizons à nous retrouver, à Marseille, au siège du SDIS (Service Départemental Incendie et Secours) des Bouches-du-Rhône, à l’invitation de son Directeur, le Colonel Luc JORDA (M69). .Après l’Assemblée Générale, rondement menée par notre Président, Jean-Marc PHILIP (PG93), la découverte du SDIS débute. Luc JORDA et Jean-Claude GRAND, son assistant nous présentent le SDIS, son territoire, et ses activités.

Le fonctionnement du SDIS 13 :

Le SDIS est un établissement public qui gère les compétences et les moyens des sapeurs pompiers sur l’ensemble d’un département. Les SDIS sont nés du regroupement de la compétence en terme de secours incendie que possédait chaque commune. Chacun possède une organisation qui lui est propre. Le SDIS dépend d’un Conseil d’Administration composés de représentant de droits (Préfet, Trésorier Payeur Général), des membres à voie délibérative (élus locaux) et des membres à voie consultative.

Le SDIS des Bouches du Rhône est compétent sur l’ensemble du département (à l’exception de la Commune de Marseille qui relève du Bataillon des Marins Pompiers de Marseille). Les frontières administratives ainsi posées n’empêchent pas la coopération régionale, nationale voire internationale. Le SDIS 13 est structuré autour des ses 69 Centres de Secours, coordonnés par 5 groupements territoriaux, eux mêmes fédérés par le siège. Il compte environ 5 000 membres (3 500 pompiers volontaires, 1 030 pompiers professionnels, 233 personnes dans le Service Santé Médecine). C’est l’occasion d’insister sur l’importance du volontariat. Par ailleurs, le SDIS attache une grande importance à la formation de ses agents. Les moyens matériels sont ensuite brièvement énumérés.

Des interventions variées :

Le nombre annuel d’intervention des sapeurs pompiers sur les Bouches du Rhône est assez stable. En 2002, il s’est élevé à 121 000 sorties. 95 % des interventions concernent les risques courants (66 % de secours au personnes, 13 % d’accidents de circulation, 8 % de feux urbains), et seulement 5 % ont trait aux feux de forêts. Le SDIS relève en revanche, une augmentation importante du nombre d’appels (1 million en 2002) qui risque de s’amplifier encore avec la plateforme commune d’appel d’urgence (112).

Les interventions des SDIS sur leur territoire dépendent des caractéristiques de ce dernier. Les Bouches du Rhône possède 65 000 ha de plans d’eau, 90 000 de forêts, 90 000 de garrigues et 85 000 de parcs naturels. Il est caractérisé par une urbanisation importante (1,8 millions d’habitants), une forte concentration industrielle (663 établissements, 61 Seveso), et un attrait touristique certain. Les risques récurrents sur le département sont donc : les incendies de forêt, les inondations, les risques industriels et urbains (circulation, feu urbain) et le risque sismique.

Ces risques sont pris en compte dans des documents législatifs et réglementaires. Le SDIS est équipé au mieux afin de contre leur survenue et possède des moyens de modélisation.

 

Une action forte contre les incendies de forêt :

Nos hôtes développent ensuite l’aspect incendie de forêt auquel, en raison de son climat de son relief et de l’accroissement des surfaces boisées, notre région est très sensible. On compte en moyenne annuelle 400 départs de feu de forêt (94 % d’origine humaine). 97 % sont rapidement maîtrisés, seuls 3 % connaissent un développement important notamment lorsque le vent permet des sautes de feu de plusieurs centaines de mètres. On relève une moyenne de 2 000 ha incendiés par an (mais cela peut monter jusqu’à 14 000 ha). En apparence, les unités forestières sont délimitées. Cependant, la diminution des surfaces cultivées entraîne l’augmentation des interfaces zones forestières – zones d’activité humaine (poudrières) et une jonction des massifs en un continuum plus difficile à préserver.

L’action du SDIS se développe autour de trois thèmes : prévention, prévision et intervention. La prévention passe surtout par l’élaboration et la réalisation (souvent longue) de PIDAF (plan intercommunal de débroussaillage de d’aménagement forestier) pour lesquels le SDIS travaille en collaboration avec des partenaires administratifs économiques et associatifs. Ces plans se traduisent par la création d’infrastructures DFCI (Défense des Forêts Contre les Incendies). À plus long terme, ils visent aussi à créer des coupures de combustibles en restaurant une activité d’agriculture ou d’élevage. Ce dernier point se heurte souvent à des problèmes de rentabilité. Il existe également une approche autoritaire rarement mise en œuvre en raison de son coût pour la collectivité. La prévention concerne également l’application des réglementations relatives au débroussaillage aux déplacements dans les massifs forestiers et à la DFCI.

La prévision se fonde sur l’étude des facteurs aggravants avec l’aide éventuelle de la modélisation pour repérer les zones probables de départ de feu et les périodes à risque :

La prévision concerne aussi la surveillance des massifs forestiers (vigies, survol, quadrillage du terrain par des équipes au sol) lorsque les risques sont élevés.

Lorsque l’incendie est déclaré, vient alors la phase d’intervention qui repose sur 4 principes :

Lorsqu’une vigie repère un départ de feu, elle le signale à la vigie directrice qui transmet l’alerte à la patrouille la plus proche. En fonction de l’évolution de l’incendie, les différents moyens sont mis en œuvres. Lorsqu’un feu se développe, l’intervention consiste à le canaliser vers un point où il pourra être stoppé (en veillant à protéger les personnes et les biens). Les interventions face au front de feu sont extrêmement rares et dangereuses. Les différents moyens sont supervisés par le CODIS (centre opérationnel départemental incendie secours).

La gestion des risques chimiques :

Nous visitons ensuite les installations du SDIS 13 et ces équipements. Nous assistons à une présentation du véhicule de la cellule mobile d’intervention sur les risques chimiques. Cet équipement permet grâce à un dispositif novateur d’analyse par spectroscopie de masse de déterminer et de quantifier (semi qualitatif) de nombreuses substances en moins de 5 minutes. Il intervient surtout sur les accidents mettant en cause des transports de produits chimiques, mais est aussi utilisé pour l’analyse des composés volatiles en forêts. Largement autonome, il est équipé d’une station météo et d’un logiciel de modélisation 3D de la propagation d’un nuage de gaz.

Le CODIS, comment ça marche ?

Nous visitons aussi le CODIS, avec ses plates-formes de réception des appels d’urgence, interconnectées avec les centres de secours, le SAMU et le dispositif de télé assistance. Une salle du CODIS est dédiée à la cellule de crise mobilisée en cas d’incendie ou d’événement majeur. Cette cellule rassemble 20 personnes et supervise les différents moyens (terrestre ou aériens). Elle dispose d’une cartographie IGN, d’une couverture par photos aériennes et de logiciels simulant l’évolution d’évènements (incendie de forêt) selon la météo, le relief, l’occupation des sols et les interventions projetées.

Après une matinée studieuse, un bon repas….

Les discussions, suscitées par cette matinée très intéressante et très riches en informations, se poursuivent autour d’un copieux buffet froid. Le Colonel JORDA nous propose ensuite une promenade digestive sur le site de l’incendie du massif de l’Estaque de 2003.

Avant une après-midi non moins studieuse….

Il nous explique avec précision le déroulement des opérations depuis la vigie de la tête d’Auguste. Un centre mobile de commandement nous est présenté avec ces différents équipements. Nous assistons ensuite à une démonstration du fonctionnement de deux véhicules d’intervention. Les différentes consignes et astuces d’intervention nous sont présentées. Cette démonstration quoiqu’un peu humide clôt en apothéose cette magnifique journée et nous ne pouvons que remercier et féliciter le Colonel JORDA et son équipe pour leur accueil et leur compétence.

 

Rédaction : Philippe ROBERT (PG 97 – ENGREF 2001)

Photos : Bernard CAMPARDON (A49)