Journée " Arômes et aromates ", 15 octobre 2004 en Vaucluse.

C’est sous un temps maussade que se sont retrouvés au domaine de la Pigeade les quelques 43 participants à la sortie en Vaucluse sur le sujet " Arômes et aromates ", tout à fait d’actualité pour cause de semaine du goût.

Monsieur VAUTE nous présenta en quelques mots son domaine, vignoble relativement important pour l’appellation " Beaumes de Venise ", puisque 30 hectares sont plantés en Muscat à petit grains, seul cépage autorisé pour cette production. Le vignoble est assez bien regroupé autour des batiments et s’intègre dans le splendide paysage, lequel fait d’ailleurs l’objet d’actions au niveau du syndicat, pour l’entretien de cet environnement. L’ensemble des installations est en cours d’achèvement, puisque la décision de produire et de vendre directement a été prise il y a quelques années seulement. Le domaine de la Pigeade est un des 7 producteurs directs de Beaumes, tous les autres passant par la Coopérative. La commercialisation de son vin se fait par les réseaux traditionnels de restaurants, cavistes, particuliers, avec un peu d’export, mais pas par les GMS.

Le vignoble est conduit de façon traditionnelle, en prêtant une attention particulière à la lutte contre la pourriture grise -le cépage est très sensible- aux conséquences œnologiques assez graves.

La vendange est manuelle, en caisses qui passent sur la table de tri avant leur entrée en cave Y sont éliminées les grappes avec pourriture grise, mais aussi celles trop mûres. En effet, le maximum des arômes et de leurs précurseurs se produit avant le maximum de maturité.

Les grappes sont ensuite éraflées et le grain encore entier mais légèrement foulé est mis à macérer quelques heures de façon à laisser les arômes sous-pelliculaires diffuser dans le jus. Après pressurage puis débourbage, les jus sont envoyés dans des cuves d’attente, refroidies à basse température, quelques degrés au plus. Cette innovation permet de reporter la vinification après la vendange et donc de mieux la maîtriser.

Le contrôle des températures permet de laisser démarrer la fermentation alcoolique à une vitesse lente, toujours pour optimiser l’évolution aromatique, surtout pour l’évolution des précurseurs.

A la densité de 1050, la fermentation est arrêtée par l’addition d’alcool pur de façon à avoir en finale un titre alcoolique de 17 % avec du sucre résiduel. Le rendement moyen est d’environ 30 hl/ha.

La visite s’est continuée par la dégustation des vins produits sur le domaine. Se sont succédés rosé, rouge et muscat, qui ont donné lieu aux commentaires très professionnels de M. VAUTE fils, responsable de la partie œnologique.

Le muscat obtenu sur l’exploitation est plutôt moins coloré que d’autres, mais avec une grande finesse. Très équilibré, il exprime un nez de litchi et de mangue, c’est à dire de miel, de rose, un peu de pêcher. En bouche, il s’épanouit tout d’abord de tous ses parfums puis persiste longtemps. Il n’y eut pas besoin de chercher bien loin les mots de remerciement envers notre hôte tellement chacun était convaincu de ce que représentait de travail et de qualité le contenu de chaque bouteille !

Puis, il fallut s’arracher à ces délices et reprendre la route vers le marché-gare de Carpentras où était réservé notre déjeuner. La traversée de la ville, pourtant un jour de marché, se fit sans trop de difficultés et le repas put commencer dans les temps, personne ne s’étant égaré dans les embouteillages ou dans les petits chemins..

Jean François ROQUES M 61

Camaret sur aygues le 16 octobre 2004